Analyse facture Energie

Nouvelle hausse des tarifs d’Electricité

Tension sur  le dispositif ARENH

 

En novembre dernier les fournisseurs concurrents d’EDF ont communiqué à la CRE-Commission de Régulation de l’Energie- leurs besoins pour 2019 en électricité d’origine nucléaire. Leurs demandes étant supérieures aux droits ARENH (cf notre article ici) il ne sera pas possible de faire baisser le prix de l’électricité. Au contraire, son prix va encore augmenter. Cette augmentation touchera les entreprises et même le tarif réglementé, qui concerne encore 80% des ménages, et qui sera ajusté à la hausse.

Fin novembre 2018, la demande ARENH a frôlé les 133 TWh alors que le maximum disponible est de 100 TWh. Face à la hausse des prix de gros de l’électricité, cette situation était certes prévisible (cf notre article sur le risque pour les entreprises) mais son ampleur a surpris de nombreux analystes. En effet, avec un prix ARENH à 42 euro/MWh, nettement en dessous des prix marché,  de nombreux fournisseurs ont demandé un maximum d’ARENH. Conséquences : l’ensemble des besoins dne seront pas satisfait. la CRE écrêtera au prorata les demandes et donc les fournisseurs n’auront d’autre choix que d’acheter sur le marché de gros. Ainsi, fin novembre, le prix du MWh pour 2019 est monté à 57 euro.

Autre conséquence pour les entreprises : celles qui ont souscrit une offre de prix indexé ARENH se verront recalculer l’écart de prix au prix marché ce qui implique une hausse de quelques pour cent sur leur prix de 2019.

Enfin, le tarif réglementé sera aussi impacté par cette situation. Or vu le contexte social en cette fin d’année 2018, la hausse des tarifs d’électricité pourrait accentuer les tensions.

 

Vers un Gel des tarifs réglementés électricité ?

 

Si le Gouvernement venait à reporter, voire à supprimer la hausse du prix de l’électricité il s’engagerait ainsi vers une phase de conflits qui déboucheraient à terme sur le versement de fortes pénalités au profit d’EDF.

D’après les analystes la hausse du tarif réglementé pourrait aller jusqu’à plusieurs points de pourcentage (3 à 8%), sans impact cependant sur le prix des taxes.

Alors que le Gouvernement envisageait une modification du mécanisme d’accès à l’Arenh, cette réforme est actuellement mise en suspens, dans l’attente des prochaines décisions de la CRE.

 

 Revendication sociales et hausse des prix des énergies en 2019 : les options qui s’offrent au Gouvernement.

 

Afin de ne pas augmenter les prix des énergies début 2019, le Gouvernement dispose de plusieurs alternatives.
La première solution vise à un report de la hausse du prix calculé par la CRE sur la base d’une formule d’indexation. Cependant EDF demandera une compensation. De même, les concurrents directs d’EDF risquent de porter plainte pour distorsion de la concurrence.

Autre piste plus pertinente : le gel de certaines taxes énergies. La CSPE pour l’électricité et le TICGN pour le Gaz pourraient être gelés sur 2019. L’avantage de cette solution est d’éviter une distorsion de la concurrence entre fournisseurs. Cependant, ce manque à gagner pour l’Etat devra être compensé afin de maintenir l’équilibre budgétaire 2019. A titre d’exemple, la réduction de la CSPE de 5 euro/MWh entraîne un manque à gagner de 1 milliard d’euro pour l’Etat.

Dernière possibilité, modifier la formule d’indexation et de calcul du prix du tarif réglementé.

Début 2019 s’annonce donc compliqué pour les prix des énergies. La hausse calculée par la CRE est de l’ordre de 8% pour l’électricité. Les fournisseurs concurrents d’EDF demandent un plus grand accès à la production d’électricité d’origine nucléaire, ce que refuse EDF, qui estime le tarif de vente à 42euro/MWh trop bas pour financer ses investissements. Sachant que le prix de gros est nettement plus élevé à 57 euro/MWh.

 

Affaire à suivre …

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